"Nous sommes faits de mots"...


Cette citation de Christine Orban accompagne mon travail depuis de nombreuses années.

Les mots ont toujours été présents dans ma peinture et j'écris des textes, des poèmes, des chansons sans mélodies depuis mon plus jeune âge.


Poser les mots sur une feuille blanche, comme la peinture sur une toile, c'est raconter des histoires. Celle des autres et la sienne.


Dans ce blog, je partage les écrits qui accompagnent mes peintures ou simplement les inspirent. Ils abordent des thèmes existentiels qui nous concernent tous. Ils n'ont pas la prétention d'énoncer des vérités ni d'incarner la littérature française. Ce sont simplement mes mots. Comme un tableau, certains vous toucheront peut-être, ou peut-être pas.


Quoiqu'il en soit, je vous remercie pour le temps que vous prendrez à les lire.





This blog is exclusively in French, sorry for non-French speaking people.



Ne leur demandez pas comment cela était arrivé, ils l’ignoraient. Ils s’étaient plu au premier regard, ils s’étaient reconnus au premier mot. Une évidence, une fatalité. Deux accidents qui attendaient de se produire. Cela leur était tombé dessus comme une météorite, un morceau d’étoile décroché du ciel embrasant tout sur son passage et modifiant le paysage. Une émotion frénétique, un étourdissant bouleversement, une nouvelle vision du monde.

Ils ne le savaient pas mais ils se connaissaient depuis toujours. Ils s’appartenaient l’un à l’autre sans même le soupçonner. Il avait suffi d’un contact pour que leurs âmes se réveillent. Sur un signal invisible, sur un appel subliminal. Une rencontre inattendue, un hasard. Un inévitable rendez-vous. D’abord, elles s’étaient observées un peu interdites, étonnées, subjuguées, pas tout à fait certaines mais déjà aimantées. Elles s’étaient dévisagées avant de s’envisager. Puis, très vite, elles s’étaient appelées, allant jusqu’à hurler pour pouvoir se rejoindre. Meurtrissant la chair, vrillant le cœur et déchirant le ventre. Une guerre…


Il y avait le noir et la couleur. La peinture et l’écriture. Il y avait cette force qui pousse les êtres au-delà d’eux-mêmes et aux frontières de la folie. Cette douce violence qui les emporte jusqu’aux falaises du Monténégro. Le déferlement de l’amour. Un genou gravé, deux cœurs tatoués. Des corps enfiévrés, engloutis par le désir. Il y avait la peau, il y avait les mots, il y avait le cœur. Une parfaite osmose. Leurs âmes fusionnées, leurs êtres interchangeables. Et l’urgence de s’aimer. Une passion lumineuse.


Ne leur demandez pas comment cela était arrivé, ni comment cela finirait. Ils se sentaient liés pour l’éternité.


Lucie Lith, 2014


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