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  • Photo du rédacteur: lucielith
    lucielith
  • 23 déc. 2022
  • 2 min de lecture

« Nous sommes en retrait sur la P10, nous perdons des consommateurs au profit du Hard. Il faut baisser le centre de gravité du prix »

« J’ai besoin de ton atterrissage pour demain dix heures »

« Le packaging, c’est de l’architecture. Tu calibres ta marque en fonction d’un point. Avec cette créa, la marque s’anime ; elle communique avec les consommateurs »

« Nous allons réaliser un atelier de motivation créative »

« Attention au territoire de marque : à trop stretcher, le conso s’y perd et nous avec »

« Je ne suis pas sûr que cette stratégie fasse du sens »


Bon sang de quoi me parlent-ils ?

Quel est ce langage subtil ?

J’ai dû tomber dans un asile

Bon sang mais que me racontent-ils ?

Je ne sais ce qu’ils énumèrent

Tous autant dans leurs costumes clairs

Quel surprenant vocabulaire

Où est passé mon dictionnaire ?


A sens inverse


Ce sont des onomatopées

Qu’ils me récitent la journée

Amas de lettres épelées

Que peu parviennent à m’expliquer

Ils modifient et rebaptisent

Détournent, inventent et anglicisent

Quand ils focusent et customisent

N’évaluent pas mais valorisent


A sens inverse

Ils disent que « cela fait du sens »

Même si cela n’a aucun sens

Tandis qu’ils détournent le sens

Pensant être dans le bon sens

Ils challangent, drivent et priorisent

Présentent leurs boards et budgétisent

Ne stagnent pas mais plateauisent

Tandis qu’affolée je m’enlise

Ils passent leur temps à brainstormer

Pas emballer mais packager

Menacent de déréférencer

Dérattacher pas détacher

A sens inverse

Ils disent que « cela fait du sens »

Même si cela n’a aucun sens

Tandis qu’ils détournent le sens

Pour s’engager à contre sens


Ils me demandent de sourcer

Je ne sais ce qu’il faut chercher

Ils me parlent de remailler

Est-ce à dire qu’on va tricoter ?

Ils veulent mon atterrissage

Où est la piste, le passage ?

Je suis paumée dans les nuages

J’ai trop forcé au décollage


A sens inverse

Ils disent que « cela fait du sens »

Même si cela n’a aucun sens

Tandis qu’ils détournent le sens

Pour me laisser à contre sens


Je peux oublier mon latin

Molière, Hugo, tous mes bouquins

Même Shakespeare on en est loin

Je patauge dans la Manche en vain


En sens unique

Ils disent que « cela fait du sens »

Même si cela n’a aucun sens

A sens inverse

J’évacue tous leurs contre sens

Quand pour moi plus rien n’a de sens


A sens inverse

Ils disent que « cela fait du sens »

Même si cela n’a aucun sens

Au nom du sens

Je marche seule à contre sens

Pour ne pas perdre mon bon sens


Lucie Lith, 2002


Image par www_slon_pics de Pixabay

 
  • Photo du rédacteur: lucielith
    lucielith
  • 23 déc. 2022
  • 1 min de lecture

Je fais la moue, ma tête est pleine

Il est des jours où tout s’emmêle

Quand seule l’écriture me mène

Dénoue mes pensées, les démêle


C’est le bazar

Un véritable tintamarre

Un bric-à-brac

Un immense fourbi dans ce sac


Je songe à toi qui m’aimais tant

Qu’il ne faudrait pas oublier

De passer chercher mes vêtements

Le pressing va bientôt fermer

Je passe d’une idée à ma peine

Dans ce souk je fais mon marché

Je récupère tout ce qui traîne

Pour au final ne rien garder


C’est le bazar

Un véritable tintamarre

Un bric-à-brac

Un immense fourbi dans ce sac

C’est la panique

Ma mère dirait que c’est le cirque

Du grand désordre

Qu’il faut remettre tout en ordre

Tout me rattrape et je me noie

Dans mon bain qui a débordé

J’ai oublié, tu n’es plus là

Que l’eau ne cessait de monter

Je perds la tête, elle est trop lourde

Je voudrais pouvoir la poser

Vider ce bruit, devenir sourde

Et simplement ne plus penser


C’est le bazar

Un véritable tintamarre

Un bric-à-brac

Un immense fourbi dans ce sac

C’est la panique

Je suis épuisée de ce cirque

J’aimerais bien

Que tout s’efface demain matin


Lucie Lith, 2002


 
  • Photo du rédacteur: lucielith
    lucielith
  • 23 déc. 2022
  • 1 min de lecture

Comme une hirondelle

Au milieu du ciel

Je plane le cœur léger

Car ce matin-même

Comme dans un poème

J’ai trouvé sur mon pallier

Un bouquet de roses rouges, une pluie

De pétales embaumés sur ma vie

Un océan coloré de fleurs

De bonheur


J’ouvre l’enveloppe

Mon cœur qui galope

Sait bien au fond que c’est toi

Qui pour mon plaisir

Sans m’en avertir

Fait déposer dans mes bras

Un bouquet de roses rouges, une pluie

De pétales embaumés sur ma vie

Un océan coloré de fleurs

De bonheur


Doucement je pose

Les boutons de roses

Qui ne demandent qu’à s’ouvrir

Comblée d’éphémère

Cherchant comment faire

Pour seulement retenir

Ce bouquet de roses rouges, cette pluie

De pétales embaumés sur ma vie

La couleur pourpre de mes envies

Et respirer chaque jour nos folies

M’enivrer sans cesse et éterniser

Les contours de notre histoire illustrée…


D’un bouquet de roses rouges, d’une pluie

De pétales embaumés sur ma vie

D’un océan coloré de fleurs

De bonheur


Lucie Lith, 2002


Image par Gábor Adonyi de Pixabay

 
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