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  • Photo du rédacteur: lucielith
    lucielith
  • 27 déc. 2022
  • 1 min de lecture

Serait-ce indécent d’évoquer

Le charme d’un torse ondulé

La douceur de s’abandonner

Dans un champ de virilité


Serait-ce insolent de louer

Le plaisir de se réfugier

Sous une épaule dessinée

A la puissance veloutée


Dans les bras d’un homme

Laissez-moi tomber, défaillir

Tout oublier et m’engloutir

Laissez-moi seulement retenir

L’illusion de le détenir


Serait-ce choquant de se pâmer

Devant des mains qui peuvent briser

Déstructurer comme caresser

Si simplement me faire vibrer


Serai-je punie de réclamer

Le bonheur de me réfugier

Le réconfort d’être entourée

Par une vigueur charpentée

Dans les bras d’un homme

Laissez-moi tomber, défaillir

Tout oublier et m’engloutir

Laissez-moi pour les bras d’un homme

Me damner sans me soutenir

M’abandonner sans repentir


Lucie Lith, 2003


 
  • Photo du rédacteur: lucielith
    lucielith
  • 27 déc. 2022
  • 1 min de lecture

Quelle étrange déclaration

Formulée si furtivement

Pour atténuer l’émotion

Au lieu de dire simplement


Quand incapable d’avouer

Il a fallu que tu ajoutes

A ton « je t’aime » confessé

Un « quelque part » comme un doute


Je t’aime quelque part…

Que cela donc signifie-t-il ?

Pourquoi greffer ce mot subtil

D’une locution qui l’habille ?

Je t’aime quelque part…

Comme si le verbe méritait

De s’adosser, s’accompagner

D’être tenu pour exprimer

Ce pour quoi seul il fut créé


Quand c’est un des mots de la langue

Qui sait si bien se faire entendre

Qui peut se murmurer exsangue

Si simplement se faire comprendre


Je t’aime quelque part…

C’était peut-être pour me dire

Que l’on ne peut ici écrire

Notre histoire et qu’il faut s’enfuir

Je t’aime quelque part…

Dans un ailleurs sans interdit

Sans retenue, une autre vie

Dans un lieu qui n’est pas ici

Sur la planète de l’oubli


Je t’aime quelque part…

J’aimerais simplement parfois

Que cela soit au bon endroit

J’aimerais entendre une fois

« Je t’aime » unique dans ta voix

Que ce soit tout court d’émotion

Pour le sous-entendre tout long…


Lucie Lith, 2002


Image par Ben Kerckx de Pixabay

 
  • Photo du rédacteur: lucielith
    lucielith
  • 27 déc. 2022
  • 1 min de lecture

Les ennemis qu’on bat dans nos stupides combats

Tous les faibles qu’on casse pour concasser nos aigreurs

Et les autres qu’on presse pour compresser notre angoisse

Les malheureux qu’on blesse en soulageant nos rancœurs

On est un « qu’on »

Qui ne comprend rien à ce qu’il croit prendre

Les ornements qu’on pare pour comparer nos beautés

Le visage qu’on affiche en se fichant qu’il soit faux

Et l’image convenue qu’on tient tant à refléter

Espérant contenir un temps qui part en lambeaux

On est un « qu’on »

Le genre qui confond la forme et le fond

Les idéaux qu’on porte mais qui ne comportent rien

Et les chemins qu’on prend sans comprendre en le faisant

Qu’on perd un beau matin les compères qui sont les siens

Tandis qu’on court trop vite pour concourir bêtement

On est un « qu’on »

Il brûle l’essence avec l’essentiel

Chaque parole qu’on cède sans concéder un seul mot

Les mensonges qu’on promet et qu’on ne tiendra jamais

Les mêmes qui compromettent sans scrupules l’honnêteté

Pour composer les notes qu’on pose et qui sonnent faux

On est un « qu’on »

Un « qu’on fera » qu’on ne jouera jamais


On est un « qu’on »

Un indéfini indéterminé

Un invariable sujet avarié

On est un « qu’on »

Un pauvre lâche qui cache les cons


Lucie Lith, 2002


Photo de Kim Green sur Unsplash

 
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